Parcours

À trois ans, Sarah s’endormait avec dans l’oreille les contes d’Andersen et les fables de La Fontaine que jouait le lecteur de cassette. À quatre ans elle est capable de retourner le vynile, de replacer le diamant et de le remettre en marche pour écouter les deux faces de Jacques Brel ou de Simon et Garfunkel. À cinq ans elle entre au Conservatoire, piano et solfège : ce sera le bagne pendant douze ans, mais elle réussira à sauver son amour de la musique.

À neuf ans elle prend en otage neuf camarades de classe pour monter une pièce de théâtre, Pinocchio, sur un texte d’une des cassettes qu’elle connaît par cœur. Elle s’impose narratrice et metteur en scène implacable, ce qui lui vaut une mutinerie un certain 5 avril à 15h55, à trois semaines de la première représentation. Mais tout rentrera dans l’ordre. Le spectacle est donné devant la classe,  puis devant toute l’école. Mais l’année suivante peu sont volontaires pour passer la seule heure de récréation de l’après-midi à répéter une pièce de théâtre… pendant neuf mois… Sarah se demande bien pourquoi… Alors elle se met à écrire.

Pendant sept ans, Sarah voyage treize fois au Maroc pour vivre parmi les autochtones du Maroc, à apprendre leur langue, vivre avec eux. Elle a soif de leurs histoires, de leur vision du monde. Puis un soir, un texte arraché à un cahier est venu surfer sur les vagues noires et blanches du piano. Sarah se monte un répertoire et trouve dans la chanson son mode d’écriture privilégié.

Démarche

À la fameuse question des influences musicales, Sarah répond simplement : « je suis influencée par toutes les bêtes de scène, par tous les artistes qui incarnent ce qu’ils disent tellement qu’on ne peut pas en sortir indemne ». Sarah se nourrit autant de bêtes de scène comme Jacques Brel, Tom Waits, Chavela Vargas ou Janis Joplin, que de magiciens des mots comme Allain Leprest, Sylvio Rodriguez ou Leonard Cohen. Avec régulièrement une dose de Rachmaninov, Schubert et Chopin et du blues des années 30. Sans oublier Romain Gary, Charles Chaplin, Joseph Kessel, le Mime Marceau, Camille Claudel, Discorama, Woody Allen et les Minikeums.

Sarah aborde la chanson comme un art de scène, et comme une manière d’exprimer les doutes et les espoirs de notre société. Sa voix et son jeu musical surgissent d’un travail sur les émotions et leur inscription dans le corps. Elle y mêle conte, théâtre et chanson pour donner vie aux personnages qu’elle incarne. Dans ses chansons, un objet, un personnage, un lieu, incarnent pour trois minutes nos peurs, nos folies, nos lâchetés. Elle porte un regard à la fois tendre et sans pitié sur notre quotidien. La scène reste donc le mode d’exploration privilégié de cette artiste qui se donne comme défi de transporter le spectateur dans une véritable démarche introspective et de l’engager autant qu’elle s’engage elle-même.

   entrevue de Radio Ballade avec Françoise Morel

Sarah chante à la prison de Bordeaux pour les Souverains Anonymes et rencontre Martin :

Article du Droit d'Ottawa
  entrevue à CIBL le 22 avril 2012 à l’émission La relève ne dort pas de André Lévesque